Autant la feuille morte
« Automne » dit le vent,
Tout comme ceux devant
A qui plus rien n’importe ;
« Automne » dit le vent,
Autant la feuille morte.
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Autant la feuille morte
« Automne » dit le vent,
Tout comme ceux devant
A qui plus rien n’importe ;
« Automne » dit le vent,
Autant la feuille morte.
De ville en ville -il en est maintes-
La rivière est une eau restreinte
Qui court où je voudrais aller :
La rive où le vent est salé
Aux bords ébréchés de la terre
Où demain ressemble à naguère.
C’est en marchant le long des quais
Que j’y repense et puis me tais.
Passe un bateau de promenade,
La rivière est sans incartades,
Sans facéties, sans horizon
Entre ses deux rangs de maisons,
Et tout ce qu’au loin elle emporte
Ce ne sont que des feuilles mortes.
C’est en marchant le long des quais
Que j’y repense et puis me tais.
La rivière est une eau qui dort,
Calme et contente de son sort ;
De ciel et de reflets vêtue,
Les arches des ponts la salue
Et moi j’ajoute -où t’en vas-tu ?-
En rêvant mon rêve têtu.
C’est en marchant le long des quais
Que j’y repense et puis me tais.
Une vie en ville amarrée,
Manque une voile à la marée..
Les trottoirs sont bien démunis
Des mots qui disent l’infini
Vers l’estuaire et la jetée.
C’est en marchant le long des quais
Que j’y repense et puis me tais.
C’est une route quelque part
Qui ne dit plus rien à personne,
Une image prise au hasard
Dans la mémoire qui s’étonne.
Ce beau ciel dit la liberté
A grand renfort de mots-nuages
Que les champs soulignent d’été
Et tous en chœur parlent voyage.
Une colline tout au bout
Et quelques maisons d’un village,
Est-ce, en voiture avec vous,
J’y pense et je me dis que si,
Que cependant et que peut-être,
Qu’une belle rime est « renaître »…
Pourquoi donc suis-je encore assis ?