jeudi 17 mai 2018

L'acrobate.




C’était l’après-midi, le soleil s’attardait
Au porche simple et clair d’une église romane,
L’or caressait la pierre et l’ombre était diaphane ;
Je ne voyais pas où son regard se perdait,

Mais il semblait heureux. Le printemps neuf dardait
Ses rayons au travers des feuillages profanes
D’une allée étêtée à deux rangs de platanes,
Et l’homme souriait à ce qu’il regardait.

Au plus profond du chœur un éclat immobile
Habitait, silencieux, la pénombre tranquille…
Ce visiteur venait pour célébrer un choix :

L’ancien et le nouveau, deux hommes qui se battent
En haut d’un chapiteau qui me concerne moi,
Mais beaucoup moins que l’autre où danse un acrobate.

                               ***

mercredi 16 mai 2018

Conseil jardinier.



 
Je m’agitais à perdre haleine ;
« Écoutez , me dit un passant,
Ce bref avis  compatissant ;
Tâchez d’en prendre de la graine,
Et qu’aujourd’hui ces quelques mots
Tombant au sein d’un sol fertile
Fassent lever le plus utile
Des remèdes à tous vos maux. 

Cherchez-vous vite un grand jardin
Où vivre amoureux des tulipes,
Des pois de senteur, des lupins,
De tous les rosiers par principe,
Des jacinthes et des crocus,
Des canas et des giroflées,
-Ah, pourquoi vous en dire plus ?-
Du muguet et de l’azalée,
Du jasmin et de l'arnica,
Des cosmos et des capucines
Du sureau et du seringuât,
Du lin et de la balsamine,
Des chrysanthèmes, des zinnias
Des buddleias et des violettes,
Des anémones, des dahlias
Des œillets et des pâquerettes,
Des glaïeuls et des camélias,
Des iris comme des pivoines,
Des asters et des hortensias
Et même de la chélidoine ;
Des trémières évidemment,
Des tournesols et des acanthes
De la lavande intensément,
Du pavot et de l’amarante
Des renoncules, des soucis,
Du narcisse et de la jonquille
Et des primevères aussi
Qu’ombragerait une charmille,
Évidemment des gerberas,
De la glycine, c’est licite,
En fait, de ce qui vous plaira,
Et j’oubliais, des marguerites.
En somme une terre, un lopin,
Où vos jours passeront tranquilles
D’un printemps au printemps prochain. »


Pourquoi suis-je resté fébrile ?
Je cherche encore ce jardin.

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lundi 14 mai 2018

Matou - Fable simple.




Un matou velléitaire
Qui toussait beaucoup
S’en alla, dès le redoux,
Consulter un vétérinaire
Qui l’auscultant un peu partout,
Comme tout médecin doit faire,
Se mit à tousser tout à coup.
Ah ! sa toux, se dit le matou
N’est vraiment pas ordinaire,
Et la peur fit trembler ses bajoues.
Allons, ma toux, Matou,
Lui dit ce vétérinaire
D’un ton calme et doux,
De moi, fait-elle un poitrinaire ?
Bien sûr que non ; j’ai la grippe et c’est tout ;
Mais toi, Matou, ta toux,
Pour le coup, c’est les nerfs !

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