mercredi 6 mai 2020

A la fraiche.




Le vent fraîchit au crépuscule,

Les hirondelles ne sont plus

Là-haut, que des points minuscules

Sur l’or d’un nuage entrevu.

La nuit s’en vient dans l’ombre grise

Sous les troncs silencieux,

Une nuit encore indécise

A l’heure où l’on fait ses adieux.

Je ne parle pas de tristesse

Mais d’un étrange sentiment

Où se mêlent une caresse

Et l’aigreur d’un souffle de vent.

 

                               ***

Brève du soir.




J’aime l’odeur des nuits de juin

Où la douceur se fait feuillage

Où la fraicheur se fait parfum

Et le silence paysage.

 

J’aime ces mots qu’on ne dit pas

Mais que le crépuscule évoque,

Fragments d’instantanés vécus déjà

Au cours d’une lointaine époque.

 


                               ***

Prière.




Donnez-moi le silence avec l’isolement

Et la longue distance en quelque lieu sauvage,

Sans route ni maisons, sans le moindre passage,

Hors la saison qui fuit un lieu sans changement.


Faites qu’à l’horizon le jour monte et descende

Au rythme ancien du temps, fleuve calme en son lit,

Donnez-moi un état dont plus rien ne dépende

Et sur tout donnez-moi ce bien précieux : l’oubli.

 

                               ***