mardi 28 janvier 2020

Quatre mots.




Quatre mots vous diront la pluie,
Non, je n’avais guère le choix,
Quoique j’écrive je m’ennuie
Et le temps traîne autour de moi ;
Quatre mots vous diront la pluie.

Gris de l’ardoise et noir de suie,
C’est une averse à chaque fois,
Une tristesse à bout de toit,
Des larmes que le vent essuie…
Quatre mots vous diront la pluie
Mais je n’avais, de vous à moi,
Guère le choix.

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dimanche 26 janvier 2020

L'arc-en-ciel.



(Plage de Guidel - Bretagne.)

Le faix pesant de mon passé
Fléchit mon présent en arrière
Et je trébuche à la lumière
Des jours de longtemps délaissés.

De la saison des canicules
J’espère un orage de feu
Qui, sauvage, balaye et brûle
De ce qui fut, tout ce qu’il peut.

J’espère en la rivière en crue
Qu’elle charrie en son torrent
De noir oubli, les choses vues
Que je m’en vais remémorant

Et je guette la survenue
Pour ce qu’il reste d’essentiel
En cette existence têtue
De l’immense arc-en-ciel.

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samedi 25 janvier 2020

Découvertes.




Je m’en vais quitter ce vieux monde
En y laissant nos souvenirs,
Un désert s’étend à la ronde
Sans plus rien pour me retenir.

On peut faire des découvertes
Aux endroits les plus anodins,
Il n’y faut qu’une porte ouverte
Et que l’horizon pour jardin.

Je vais compter les vieilles pierres
Aux tours ébréchées des châteaux,
Les ponts tranquilles des rivières
Et les cailloux dans les ruisseaux.

Je vais consacrer ces paroles
Au plus inconstant des reflets
Et rire de ceux que désole
Ce que l’instant a d’incomplet.

Je vais où les mots batifolent
Aux sables gris des océans,
Je vais où raisonner désole,
Où réfléchir est malséant.

Je vais où rien n’a d’importance,
Où rien ne compte, où rien ne fuit,
Oui, je m’en vais où cette stance
A son point final me conduit.

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