mercredi 16 janvier 2019

Chaude après-midi.




Dans ce mois d’août caniculaire
Se promener devient pesant,
Un peu de vent serait plaisant
Pour ne pas dire salutaire.
La cloche a sonné par trois fois
Sur le chemin d’entre les vignes ;
A l’horizon court une ligne
Sombre au sein de laquelle on voit
Soudain un éclair qui scintille ;
Avertissement ou broutille,
L’après-midi gronde au lointain.
Sur la route un oiseau sautille
En cherchant son maigre butin.
On ne sait quelle ombre le mène,
L’orage monte de la plaine,
Et si le vignoble se tait,
Déjà la colline prochaine
Dessous l’averse disparaît.
Les vignes alentour frémissent
Soudain à l’unisson ; la route,
Ruisselle au tourbillon des gouttes
Et l’on patauge avec délices
A travers mille ruisselets,
Un étrange plaisir au cœur,
Cinglé de pluie et de fraîcheur,
Trempé, boueux mais satisfait.

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dimanche 13 janvier 2019

Au parc.




Et la première fois, j’étais enfant,
C’était une forêt de hauts feuillages,
Bien plus, une province, un continent
Car la première fois j’étais enfant.

C’était surtout, j’en revois encore l’image,
Un pays mystérieux et fascinant,
Tout d’aventure et de vagabondage
Où, c’est certain, des monstres étonnants
Défiaient des chevaliers de haut parage.

Ce n’est plus rien qu’un parc et ses passants,
Un lieu banal lorsque l’on a mon âge,
Mais la première fois, j’étais enfant,
C’était une forêt de hauts feuillages.

                               ***