dimanche 23 septembre 2018

Que doit-il être ?




Le verbe soit comme la pierre
Qu’on a dressée au bord du champ,
Qu’il soit tout à la fois prière
Et qu’il n’en soit pas moins un chant ;

Rimes inquiètes ou sereines,
Un chant accent d’éternité,
Un chant, s’il faut, à perdre haleine,
Un chant qu’on ne puisse arrêter,

De ces couplets anciens qui courent
Les mémoires et les chemins,
Autant la terre qu’on laboure
Que la forêt ou le jardin.

Qu’il soit la rumeur messagère
Ou l’orage ou le contre-point,
La note jamais étrangère,
L’histoire qui ne finit point,

Qu’il reste une source limpide,
Qu’il soit le sel et le levain
Et le fil ténu qui vous guide,
Qu’il ne soit pas écrit en vain.

                               ***      
 

vendredi 21 septembre 2018

Dans le parc.




Un soir si doux, le vent du crépuscule…
Dans les feuillages verts se dissimule
Une pointe d’automne aux reflets roux,
Les bancs se sont vidés autour de nous.

Un rayon de lumière et partout l’ombre
Où ce dimanche d’août lentement sombre ;
Au bout lointain du parc, un chien qui court,
J’attends en regardant la fin du jour.

Le vent fraichit et c’est l’heure où l’on pense
A cet été que l’on voyait immense
Mais qui déjà fait un signe d’adieu,
Presse le pas et déserte les lieux.

                               ***

jeudi 20 septembre 2018

Les Cahiers d'Autrefois - Mauvaise passe.




L’espoir ne dure pas longtemps ;
Il naît, renaît et puis s’envole,
Il vous réjouit mais il vous ment
Et le lendemain vous désole ;
L’espoir ne dure pas longtemps.

Heureux, que de fois je l’ai cru !
Il promettait monts et merveilles,
Plus que je n’avais attendu
Et des victoires sans pareilles
Avant de me voler mon dû
Une heure avant que je m’éveille.          

L’espoir qu’on croit imprudemment,
Qui naît, renaît et puis s’envole,
L’espoir qui ne tient pas parole
Est un gueux mais heureusement
L’espoir ne dure pas longtemps.

                               ***