« Méchant
Amour », tu mérites ce nom
Et un
plus doux très assurément non,
Qui
donnes et reprends, trompes, promets
Et d’un
espoir comblé fais un regret.
Toi qui
t’offres, douceur, beauté paisible,
Et qui
te vis, querelleur, irascible,
Trompeur
juré, si nourri d’inconstance
Que tu n’as
plus qu’un semblant de prestance
A peine
suffisant pour le poème
D’un
malheureux qui penserait qu’il aime,
Étrange erreur ou rageuse folie
Qui lui
fera vider jusqu’à la lie
Une
coupe sans fond de jours amers
De
déceptions et de cuisants revers ;
Dispensateur
de peines et d’effroi,
« Méchant
Amour », c’est ton nom à bon droit.
***
Ce texte
est inspiré de deux vers de Joachim du BELLAY :
« Meschant
Amour, ô que ta force est grande
Sur les
espris ou ton pouvoir commande »
Traduction
du livre IV de l’Enéide, vers735-736,
tome VI des Œuvres Poétiques, DROZ 1931.

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