De nuages devant la lune,
Demain il ne fera pas beau,
La nuit a tiré ses rideaux.
Quand la lune fait défaut
Comme la nuit semble commune,
Nihil novis, rien de nouveau,
Et combien rimer m’importune ;
La nuit a tiré ses rideaux.
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La lune au coin de la fenêtre,
A ma montre minuit passé,
Il faut quand même essayer d’être
Ce dont on s’est pourtant lassé.
La lune est toujours amicale,
Ce soir je ne suis pas pressé,
Voici qu’un nuage l’avale,
Clin d’œil, mais les jeux sont faussés
Et tant pis pour ma rhétorique,
Nulle ombre en cette obscurité;
Quels mots seraient une réplique
A ce qu’on ne peut raconter ?
Tourne sans cesse en rond, elle a
L’accent d’un moulin à prière ;
Cette soirée est sans éclat.
Mes vers ont sauté la barrière
Des heures qui vont pas à pas,
J’attends la plume en bandoulière,
Écrire un petit mot cela ne coûte rien,
Je le fais volontiers mais à qui l’écrirais-je ?
Je pourrais y parler de tout ce qui me vient
A l’esprit aujourd’hui, mais à qui l’enverrais-je ?
J’écrivais volontiers, je crois qu’on me lisait
Avec plaisir. Il est passé le temps des lettres,
Et puis la nuit s’en vient et la nuit on se tait…
Comme Marot « Ah, si je pouvais deux fois naître » !
De quoi suis-je vraiment en train de vous parler ?
D’amour, comme faisait ce guilleret poète ?
Des regrets bien connus des roses d’un été ?
Voire d’une illusion ou serait-ce une dette ?
Mais à quoi bon chercher ? Pourquoi se tourmenter ?
C’est un accès fiévreux, c’est un trop plein de plume,
Le besoin qu’un cabot a de se raconter,
Sur un temps dépassé des réflexions posthumes.