samedi 23 août 2025

Verbal.


 

Mon premier est un vers à soie,

Mon second un verre de vin ;

Lequel cause le plus de joie ?

Demandez-le à vos devins.

Mon troisième est un verre à pied

Qui ne sait pas aller très loin

Mais va sans se faire prier,

Au moins, jusqu’au bistrot du coin.

Mon quatrième, un vert galant,

Aime conter la bagatelle

Soir et matin aux coccinelles

Qui sont prestes quand il est lent,

Mon cinquième, un verrat[1] bien gras,

Altruiste adonné aux truies,

Quand sur l’étal on le verra

Plaira tout autant à autrui,

Et mon dernier est un verbiage

Que je nourris de tous mes maux,

Il en engraisse à chaque page,

C’est vous dire combien il vaut,

Et devinez ce qu’est mon tout,

Je ne suis pas bien sûr qu’on l’aime

Parce qu’il ne tient pas debout,

Mais en tout cas c’est ce poème.



[1] Verrat : n.m., porc mâle destiné à la reproduction.


mercredi 20 août 2025

Ce vent...


 

Il est né quelque part en mer,

A pris terre je ne sais où,

Fougueux, triste, joyeux, amer,

Le vent est toujours aussi fou.

 

Il discourt, déclame, raconte

Des histoires d’un peu partout,

Du vrai, du faux, au bout du compte

On s’aperçoit qu’à tous les coups

Le vent est toujours aussi fou.

 

Depuis le temps que cela dure

On n’en retient pas toujours tout.

Le vent poursuit, il n’en a cure,

Il s’amuse ; que voulez-vous,

Le vent est toujours aussi fou.

 

A certains jours le vent rabâche

Et quelquefois il souffle doux,

Quand il arrive qu’il se fâche

Le monde est sens dessus dessous.

Le vent est toujours aussi fou.

 

Ce jour s’il se lève en colère,

Je la tolère et je l’absous :

A force de courir la terre

Le vent est toujours aussi fou.