mercredi 24 octobre 2018

Aux pieds.




Pour la rime pas de raison,
Pas de devoir, pas de saison,
Ce n’est, inutile et joyeuse,
Qu’une fantaisie astucieuse.

De haut en bas, de large en long,
Les pieds ailés et non de plomb,
Pas de devoir, pas de saison,
Pour la rime.

Et l’on dit que les poètes sont
Ceux qui le savent et qui font
Qu’en strophes jamais sourcilleuses
Leurs lignes ne soient, audacieuses,
Qu’une fantaisie astucieuse
Pour la rime.

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Marcher, sourire.




Un regard en arrière, un regard en avant
Et puis marcher, marcher tant que faire se peut,
De quand même à pourtant, de parfois à souvent,
De rien à tellement et de beaucoup à peu,
Marcher comme on a toujours fait, oui, marcher comme
Depuis les temps des temps marchent toujours les hommes.

En faisant son possible, en souriant au mieux
Puisque sourire on veut, puisque sourire on doit,
Un sourire plus jeune, un sourire plus vieux,
Malgré tout ce qu’on laisse et qu’on avait à soi,
Au-delà de l’espoir, au-delà du reproche,
Quand l’horizon s’éloigne ou quand il se rapproche…

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mardi 23 octobre 2018

Sentiers.




Vous qui rêvez de routes droites
Vers des horizons où miroite
Vous ne savez pas vraiment quoi
Et qui marchez hardis et cois,
Rassasiés de vagues promesses
D’amour, de gloire, de richesse,
Savez-vous qu’il est des sentiers
Sous l’orme ou sous le peuplier,
Le chêne, le hêtre ou le frêne
Dont les tours et les détours vous mènent
Découvrir la saveur autant
Des jours que le goût de l’instant,
Connaître ce qu’on veut, qu’on aime
Tout ce qu’au fond on est soi-même ?
De ces chemins si rétrécis,
Très herbeux et très imprécis
Qui ne vous tendent pas la perche
Mais qu’on trouve quand on les cherche,
De ces pistes de liberté
Qu’après on ne peut plus quitter ?

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