mardi 3 mars 2026

Deux triolets désabusés.

 

Il passe de l’eau sous les ponts

Des heures toujours familières

De tous les reflets qui s’en vont ;

Il passe de l’eau sous les ponts.

 

Les jours se font et se défont

Le long des rives séculières ;

Il passe de l’eau sous les ponts

Des heures toujours familières.

 

                        ***

 

Hélas, un seul manque suffit

Pour annuler une promesse ;

Ils se l’étaient si souvent dit :

Hélas un seul manque suffit.

 

L’histoire en ses mots déconfits

Ne prétend pas à la noblesse ;

Hélas, un seul manque suffit

Pour annuler une promesse.

 

                        ***    


samedi 28 février 2026

Au bout du temps.


 

Il faut écrire au bout du temps

Sans espoir que rien s’en conserve

Et sans espoir que cela serve

Ce dont j’aurais été content.

 

Je ne sais pas ce que j’attends,

Cette époque manque de verve,

Il faut écrire au bout du temps.

 

Au long de ces jours éreintants

Il n’est de parole que serve

Et le silence qu’on observe

A quelque chose d’inquiétant.

Il faut écrire au bout du temps

Sans espoir que rien s’en conserve.

 

vendredi 27 février 2026

Le musicien ambulant.


Tout juste un air de saxophone

Au dernier jour de février

Dans ce quartier gris qui s’étonne

De voir tant de soleil briller.

Beaux accents lents des nostalgies

Vagues des instants oubliés

Et mille et un fragments de vie

A l’éclat soudain réveillé…

Une note à peine envolée,

La suivante, que je devance,

A quelque autrefois accolée

Comme un prénom à sa romance

Et la douceur d’avoir été.

Sur ces notes qui batifolent

Que de sourires attristés,

De feuilles mortes qui s’envolent

Et que de bonheurs attestés

Qu’un air ravaude et rafistole

Aux carrefours peu fréquentés

Où tant de souvenirs s’isolent.