vendredi 10 avril 2020

Le disciple - Vendredi Saint.



(Jubé de la chapelle Saint Fiacre du Faouët - Morbihan - Bretagne.)

A Sa mort nous disions : « Ah, si nous avions su !... »
La peine était à la hauteur de l’espérance,
Le désarroi aussi, nous retrouvions l’errance,
Humiliés de surcroît d’avoir été déçus.

Mourir ainsi !...d’une mort infamante !... et nu !
Mourir en impuissant sous la triste apparence
D’un larron, d’un esclave ! Et quelle incohérence !
Le Fils de Dieu, vraiment ! Mourir seul et vaincu ?!

Notre foi ce soir-là n’était plus qu’amertume,
Tournant chez quelques-uns même au mépris posthume
Et les plus modérés se traitaient de benêts.

Comprenez-vous le sens de ce que je vous conte ?!
Plus de foi, plus d’espoir, oui, je le reconnais
Et dimanche matin nous étions plein de honte.

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Autosuggestion.



(Carnaval de Bâle 2008.)

Depuis plus d’un mois
Je reste chez moi
A lire, à écrire,
Sans beaucoup sourire
Mais sans grand émoi.

Ce n’est pas un choix,
C’est : « Fais ce que doit ! »
Il y a bien pire,
Cela va sans dire
Et je me tiens coi.

N’étant pas du bois
Des flûtes, ma foi,
Je rêve et j’aspire,
J’espère et désire
Tout comme autrefois.

Deux mois à l’étroit,
Trois si je m’en crois,
Ne sont  -je soupire-
Pas un grand martyr
Ou de peu de poids.

                               ***

mercredi 8 avril 2020

Ma province.



(Venise - Mascaron.)

Au royaume des mots, provinces de mes livres,
Des frontières de vent qui de tout me délivrent
Et chaque jour semblable, où vivent ces images
D’opuscules-hameaux et de cités-ouvrages.

Poussière des saisons aux sous-bois de papier
Où s’ouvrent de nouveaux ou d’antiques sentiers ;
Les uns sont de raison, les autres d’aventure,
Et quel hôte t’attend aux parvis de lecture ?

Ô pages, bruissement d’un océan serein,
Lointains de crépuscule ou bien d’aurore empreints,
Fierté, mélancolie, amour-passion, colère…
A vous suivre on ne peut que se perdre et s’y plaire.

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