Sais-tu,
Le ciel est gris, le ciel est bleu
Et retour en arrière ;
C’est déjà dire un peu
Que d’esquisser une prière.
Le bleu du ciel flotte dessus les toits,
La rue en bas est vide,
Malgré son nom – c’est Pyramides –
L’ombre y semble à l’étroit.
Nul fantôme n’y flotte à reculons,
La ville est sans mémoire
Et les soirs d’hiver sont très longs
Au grand bonheur des Moires[1].
Je m’en irai demain, c’est bien ainsi ;
Ce qu’avec moi j’emmène
C’est le bonheur d’ici
Et c’est toujours hier qui me peine.
