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jeudi 20 août 2026

Contes nocturnes.

 

 

Quand la nuit se morfond elle parle à la nuit,

Parfois le ciel est noir, parfois la lune luit,

Je ne comprends pas tout ce qu’elle se raconte,

Je m’y perds quelquefois et je n’en ai point honte ;

Ses contes, bien souvent, sont à dormir debout

Mais encore une fois : je ne comprends pas tout.

Elle racontait hier une histoire de pierre

Dressée anciennement et couverte de lierre

Qu’on voit se transformer au solstice d’été

En princesse et courir le pays déserté

Sur les chemins perdus qui vont battre la lande

De vent, d’embruns, de sel, de genêts et de brande.

Une princesse hautaine au regard dur et froid

Qui toise l’horizon et cherche on ne sait quoi.

Ses yeux sont couleur d’océan, sa chevelure,

Et lourde et longue, a la couleur des moissons mûres.

Elle est très belle et je n’ai pas compris son nom

Ni quel est le péché qui lui vaut sa prison.

Elle n’est pas, c’est sûr, de celles-là qui cousent ;

La nuit en en parlant m’a semblé bien jalouse…

Cette nuit qui s’ennuie et trompe son ennui

En contant – c’était hier, pas un mot aujourd’hui –

Pour se passer le temps de curieuses histoires

Auxquelles je sens bien qu’il vaut mieux ne pas croire.

 

samedi 25 avril 2026

Strophe nocturne.

 


Une strophe écrite la nuit

Où l’on voit déployer leurs ailes

A nos souvenirs d’aujourd’hui,

Oiseaux migrateurs que conduit

L’heure même qui les révèle

Et les voit déployer leurs ailes

Au vol léger dans ce qui suit :

Une strophe écrite la nuit.

 

dimanche 28 décembre 2025

Au ciel de minuit.

 

Au ciel de minuit : rien.

Le brouillard habille l’hiver,

Dans le halo des lampadaires

La rue s’éloigne d’où je viens,

Je ne sais plus depuis combien

De temps et je m’y perds ;

Au ciel de minuit : rien.

 

Je me demande qui habite

Ces façades d’obscurité,

Quoiqu’une place les invite,

Les avenues passent sans s’arrêter,

Tout respire le vide

L’indifférence et puis le froid humide,

Je ne sais ce qui me retient :

Au ciel de minuit : rien.

 

Et jusqu’aux pavés que j’arpente

Et qui ne sonnent pas dessous mes pas

Droit devant moi où je m’invente

Un but lointain et, tiens,

Au ciel de minuit : rien.