samedi 7 mars 2026

Couplets satiriques.

Au temps gras des pisse-vinaigre

La belle poésie est maigre,

L’écolâtre devient héro

Et Tartuffe est vraiment très gros.

 

Allez-donc, coule la galère,

Allez donc vogue le radeau,

Comme on dit, je crois, à Bordeaux

Quand, ensemble, on lève son verre.

 

Chacun veut tenir le crachoir,

Il faut qu’il enseigne et sermonne,

Chacun s’admire en son miroir

Et se boursoufle et se bedonne

 

Mais comme on dit à Saint-Malo

L’alevin se croit cachalot;

Ne lisez plus c’est trop de peine

Et à la santé des baleines !

 

Un tout dernier pour bien finir :

Que les poétiaux s’y résignent

Tout au long des mots qu’ils alignent

La carpe au lapin sait s’unir,

Comme sans trop se retenir

Disent les pêcheurs à la ligne.

 


 

mardi 3 mars 2026

Deux triolets désabusés.

 

Il passe de l’eau sous les ponts

Des heures toujours familières

De tous les reflets qui s’en vont ;

Il passe de l’eau sous les ponts.

 

Les jours se font et se défont

Le long des rives séculières ;

Il passe de l’eau sous les ponts

Des heures toujours familières.

 

                        ***

 

Hélas, un seul manque suffit

Pour annuler une promesse ;

Ils se l’étaient si souvent dit :

Hélas un seul manque suffit.

 

L’histoire en ses mots déconfits

Ne prétend pas à la noblesse ;

Hélas, un seul manque suffit

Pour annuler une promesse.

 

                        ***    


samedi 28 février 2026

Au bout du temps.


 

Il faut écrire au bout du temps

Sans espoir que rien s’en conserve

Et sans espoir que cela serve

Ce dont j’aurais été content.

 

Je ne sais pas ce que j’attends,

Cette époque manque de verve,

Il faut écrire au bout du temps.

 

Au long de ces jours éreintants

Il n’est de parole que serve

Et le silence qu’on observe

A quelque chose d’inquiétant.

Il faut écrire au bout du temps

Sans espoir que rien s’en conserve.