lundi 26 janvier 2015

Péniches.





Les péniches dorment au port,
Hivernales et bord à bord
Et le ciel bas au bout des quais
A pris des hangars pour étais.
En ce dimanche sans besogne
Où le froid même se renfrogne,
Il neige aux rameaux dépouillés
D'un long rang noir de peupliers,
Il neige en lourds et lents flocons
Sur les silos et les wagons,
Il neige sur le port désert,
Sur le béton et sur le fer,
Le gravier et l'herbe jaunie
Et sur les tôles désunies
De ces ondulements rouillés
Qui couvrent d'anciens ateliers;
Il neige et le décor est triste.
Parfois on rencontre un cycliste
Emmitouflé, qu'un vieux chien suit
Ou même, retournant chez lui,
Ce passant là, qui vous ressemble
Au point qu'on vous croirait ensemble...
Un rêveur venu s'égarer,
Sans rien chercher ni désirer,
Près du bassin bordé de friches
Où vont hiberner les péniches.

                  ***

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