jeudi 17 novembre 2011

Le Pont.



Franchirez-vous le gué, passerez-vous le pont ?
Je suis de ce côté de la vive rivière
Où la campagne est belle et vaste l'horizon,
Où même les forêts sont baignées de lumière;
Franchirez-vous le gué, passerez-vous le pont ?

Ou vous en irez-vous, comme d'autres s'en vont,
Sur la route infertile et sous un ciel austère
D'aigres matins frileux en soirs tristes et longs
Pour amasser de l'ombre et cultiver la pierre ?
Franchirez-vous le gué, passerez-vous le pont ?


Au pays indigent où rire est un affront
Vous avez vu combien aimer est chose amère,
La loi que l'on y sème au hasard des sillons
Ne produira jamais de jardins sur vos terres,
Vous y verrez toujours l'ortie et le chardon.
Franchirez-vous le gué, passerez-vous le pont ?


On trouve sur ma rive et en chaque saison,
La fleur qui pousse au cœur de ces âmes altières
Qui ne séparent pas l'amour et la raison
Et cette liberté qui sait tant de prières,
Il n'est que quelques pas, le chemin n'est pas long;
Franchirez-vous le gué, passerez-vous le pont ?

                         ***

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Vous êtes un poète exceptionnel. C'est un bonheur de vous lire.