samedi 4 décembre 2021

Couleur de feuille morte.

 

 


 

« Octobre », en un mot de la sorte

On imagine tout le mois :

Ce sont, couleur de feuille morte

Les champs, les buissons et les bois,

C’est l’odeur d’un feu de branchages

Qu’on brûle au coin d’une maison,

C’est celle aussi des champignons

Par les sentiers où l’on s’engage,

C’est celle, humide, des jardins,

C’est la brume au fond des vallées

Et le soleil froid du matin,

Ce sont les roses en-allées,

Les ombres courtisant la nuit

En même temps qu’elles s’allongent,

C’est l’incertitude d’un songe

Qui malgré tout vous a séduit.

 

                               ***       

 

 

 

jeudi 2 décembre 2021

Autres Hivers.


 

J’ai vu, ces derniers jours que plus rien n’ensoleille,

De grands vols de corbeaux, de choucas, de corneilles.

Les arbres dépouillés vous racontent l’hiver

Que l’on connaît par cœur ; j’en sais de plus amers

Que les calendriers, comme il se doit, ignorent.

Hivers du cœur et de l’esprit qu’on ne déplore

Que très longtemps après qu’ils se sont envolés.

Hivers des longues nuits, des pays désolés,

Mornes et silencieux, que le froid paralyse,

Où la pensée est morte, où le rire se brise,

Où l’horizon se ferme à toute liberté…

Ils règnent sans partage avec brutalité,

Ce sont ces grands hivers où les cieux s’obscurcissent,

Où, dans le sol gelé, les semences périssent,

Mais qu’on accepte avec « d’excellentes raisons » :

Je sais de tristes jours et d’horribles saisons.

 

                               ***       

Ballade des Jours Perdus.

 

 


Assis sur une chaise,

Un fauteuil ou un canapé,

Je regarde le temps passer,

Toujours un peu plus mal à l’aise

Sachant pourquoi je suis ému :

Ce sont des jours perdus.

 

Nous n’avons jamais été treize,

Nous n’avons jamais été dix,

Nous avons parfois été six,

Aucun de nous sur les cimaises,

Aucun n’ayant rien obtenu :

Ce sont des jours perdus.

 

Je vois cela comme une ascèse

Qui n’a guère d’utilité ;

A qui voulez-vous raconter

Que la cendre passe la braise ?

Le mauvais sort étant têtu

Ce sont des jours perdus.

 

Quant à vous Jeanne, Henri ou Blaise,

Dorothée, André ou Nicaise,

Si vous ne méditez en m’ayant lu

Ce sont des jours perdus.

 

                               ***