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mercredi 17 juin 2026

Mes soucis.

 

De petits cornus de soucis,

Le visage fripé, jaunâtre,

Dansent et font le diable à quatre

M’assaillant jusque dans mon lit.

 

Les heures de la nuit s’écoulent

Sans que je parvienne à dormir,

L’un vient geindre, l’autre gémir :

Je les compte, ils sont une foule.

 

Que puis-je y faire ? Et bien des vers

Qui tourneront en ridicule

Ces sales petites crapules

Qui m’ont mis la tête à l’envers.

 

Regardez-les, boiteux, bancroches,

Hideux, difformes et bossus !

Regardez ces nains mal fichus

Que je vais mettre dans ma poche

Avec mon mouchoir par-dessus !

 


 

vendredi 12 juin 2026

Maintenant la nuit.

 


 

Dernier instant du jour au travers des vieux chênes,

C’est un soir silencieux au bord d’un chemin gris

Où, la main dans la main, nos ombres se promènent

Comme je me souviens l’avoir un jour écrit.

 

Si je rêvais alors ce rêve a survécu,

Alors qu’au fil des ans tous les autres s’effacent

Il demeure inchangé - dois-je dire invaincu ? –

L’amour se moque bien du temps et de l’espace.

 

Vous êtes pour toujours l’horizon de ces mots

Que j’écrivais alors dans l’une ou l’autre lettre ;

C’est le jardin, le parc, l’ancien ou le nouveau,

Ce que nous désirions sans pouvoir le promettre.

 

Dites-moi donc pourquoi j’en parle en solitaire,

Pourquoi faut-il que hier s’étonne d’aujourd’hui ?

Le silence et la paix ont l’odeur de la terre

Et que dire de plus ? Il fait maintenant nuit.

 

mercredi 3 juin 2026

Second poème lunaire.

 


La nuit a tiré ses rideaux

De nuages devant la lune,

Demain il ne fera pas beau,

La nuit a tiré ses rideaux.

 

Quand la lune fait défaut

Comme la nuit semble commune,

Nihil novis, rien de nouveau,

Et combien rimer m’importune ;

La nuit a tiré ses rideaux.