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vendredi 12 juin 2026

Maintenant la nuit.

 


 

Dernier instant du jour au travers des vieux chênes,

C’est un soir silencieux au bord d’un chemin gris

Où, la main dans la main, nos ombres se promènent

Comme je me souviens l’avoir un jour écrit.

 

Si je rêvais alors ce rêve a survécu,

Alors qu’au fil des ans tous les autres s’effacent

Il demeure inchangé - dois-je dire invaincu ? –

L’amour se moque bien du temps et de l’espace.

 

Vous êtes pour toujours l’horizon de ces mots

Que j’écrivais alors dans l’une ou l’autre lettre ;

C’est le jardin, le parc, l’ancien ou le nouveau,

Ce que nous désirions sans pouvoir le promettre.

 

Dites-moi donc pourquoi j’en parle en solitaire,

Pourquoi faut-il que hier s’étonne d’aujourd’hui ?

Le silence et la paix ont l’odeur de la terre

Et que dire de plus ? Il fait maintenant nuit.

 

mercredi 3 avril 2019

Les corbeaux du parc.




Voici dans les allées venir le crépuscule,
La rue bientôt se tait et l’ombre s’épaissit ;
Sur un banc, solitaire, un homme s’est assis,
Près du kiosque désert deux enfants gesticulent.

Dans le jardin public un passant déambule
Qui s’en va silencieux et discret lui aussi ;
L’homme assis sur son banc croit avoir réussi
A retrouver le calme et sourit, incrédule.

C’est alors que débute au plus haut du feuillage
L’inharmonieux concert qu’en leur rauque langage
Offrent au soir qui vient d’innombrables corbeaux !

Et sous le ciel pâli, dans le jour qui décline,
Chacun se prend à fuir en maudissant l’écho
De ces chants enroués qui s'enflent et s’obstinent.

                               ***

lundi 21 janvier 2019

Un soir d'hiver.




Le crépuscule est froid sous le ciel clair,
Au bord d’un toit tourbillonne dans l’air,
Lente et presque paisible, une fumée,
Panache gris sur une cheminée.

Raides, engourdis, solennels,
Les pignons découpent le ciel
D’un trait qu’on dirait tiré à la règle
Et dans le parc s’éteint un rire espiègle.

Par les allées, les familles s’en vont,
Déjà la nuit gagne au pied des maisons,
L’ombre est partout et le froid en coulisses ;
L’hiver c’est ainsi que les jours finissent.

Profitez-bien de ce dernier instant
Qui n’est pour vous qu’un moment parmi tant,
Enfants, amusez-vous du soir qui tombe
Et moquez-vous des saisons qui succombent.

                               ***