De nuages devant la lune,
Demain il ne fera pas beau,
La nuit a tiré ses rideaux.
Quand la lune fait défaut
Comme la nuit semble commune,
Nihil novis, rien de nouveau,
Et combien rimer m’importune ;
La nuit a tiré ses rideaux.
Photos, poésie, Strasbourg. Livre d'images et de mots.
J’appartiens à ce genre de potiches
Dont certains salons provinciaux s’entichent.
Entre deux petits fours une maîtresse
De maison aime à lancer à l’adresse
De ses invités une phrase comme :
« Voyez-vous là-bas, dans son coin, cet homme ?
Et bien c’est un poète et, croyez-moi,
Bizarre et farfelu, comme autrefois,
Imaginez un peu : cet homme rime !
Sans les efforts de l’acteur qui se grime
Et doit savoir cent tirades par cœur
J’ai le même succès et la clameur
Me le confirme en touchant au vacarme :
Je suis une attraction pleine de charme
Dont la valeur surtout ne cède rien
A celle d’un tesson mérovingien.
Il est bon de s’instruire quand on mange
Et que l’on boit et l’hôtesse est aux anges…
Courre ma plume après ses mots,
Le temps courra toujours plus vite.
Qui me ressemble s’en irrite
En déplorant les mêmes maux,
Où quelques rimailleurs s’abritent ;
Courre ma plume après ses mots…
Ils sont comme un vol d’étourneaux,
Qu’on les semonce ou les invite
Rien n’y fait mais on les tient quitte,
Ce sont d’ennuyeux animaux.
Courre ma plume après ses mots,
Le temps courra toujours plus vite.