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samedi 18 avril 2026

Le bal des ombres.

 


 

Une chanson des heures sombres

Pour le grand bal des revenants

Où s’en viennent danser des ombres

Qu’on reconnait en s’étonnant.

 

Promenades et voltes lentes,

La musique s’en vient de loin

Et ces danseurs aux gestes amples

Comme l’assistance, pas moins.

 

Dans cette chanson les visages

S’en reviennent comme un refrain,

Un demi-sourire au passage,

Ces gens manquent un peu d’entrain.

 

Et pourtant la lumière est vive

Et leur jeunesse est à l’honneur

Dans les souvenirs que ravivent

En ma mémoire ces danseurs.

 

Au menuet la révérence,

Le temps d’une valse un regard,

Je sais ce que celle-ci pense

Aussi j’acquiesce : il est bien tard.

 

Et celle-là qui me salue

Dans sa robe d’obscurité

Songe-t-elle à ces heures nues

Sous les étoiles de l’été ?

 

A son léger signe de tête

Je reconnais ce cavalier,

Pour lui, puisque mes jours s’entêtent,

Je prie encore volontiers.

 

Sur un seul rang les cavalières

Ont fait face à leurs cavaliers,

Cette figure est la dernière

D’adieux à nul autre confiés.

 

La chanson arrive à son terme

Comme ce bal dont aujourd’hui

La porte ouverte se referme

Sur le silence de la nuit.

 

vendredi 6 décembre 2019

Au dernier de novembre.




C’est le dernier jour de novembre,
Je n’irai pas me promener.
Le soleil vient illuminer
Les bruns, les roux, les gris et l’ambre
De ce qu’il reste de feuillage
A ces grands arbres domestiques
Qui poussent aux jardins lyriques
Si loin de nos vagabondages.

J’interroge des souvenirs
Qui sont pareils aux feuilles mortes
Et comme elles de toutes sortes,
Voués comme elles à ternir,
Et tout comme elles qu’emporta
Un coup de vent les dispersant,
A disparaître en effaçant
L’ombre de qui les raconta.

                               ***

mercredi 9 janvier 2019

Ombres et pénombre.




Douce pénombre silencieuse
Des fins d’après-midi l’hiver
Quand toute occupation se perd
En des paresses capricieuses.

Aux fenêtres le jour s’éteint,
La clarté oblongue des vitres
Se transforme en feuille d’étain ;
Trop tard pour finir ce chapitre…

Foule des hasards indistincts
Où souriant tant de fantômes
Viennent abdiquer leur destin,
La nuit s’étendra comme un baume.

La rue qui s’allume au dehors
Semble être peinte à la détrempe ;
Vous n’avez pas besoin de lampe,
Pas maintenant, pas encor…

                               ***