Surtout pas de miroir chez moi,
Pas d'argenture qui m'accuse
En me montrant ce qu'elle voit,
Qui démasque mon imposture
Et contredit ce que je crois.
Qu'ai-je besoin qu'on me reflète
Toute ma fatigue et son poids,
Le cheveu qui blanchit ma tête,
Et les rides qu'on aperçoit
Sillonner partout mon visage ?
Si l'on me dit que cet émoi
N'est pas digne d'un homme sage,
Je réponds que, pour une fois,
De passer pour fou m'indiffère!
Ne sais-je pas à mon endroit
Plus que ne sait toute la terre,
Dont ceci que, même à l'étroit,
Je reste l'enfant de naguère ?
Surtout pas de miroir chez moi !
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