jeudi 7 mai 2026

Rue des Pyramides.

 


Sais-tu,

 

Le ciel est gris, le ciel est bleu

Et retour en arrière ;

C’est déjà dire un peu

Que d’esquisser une prière.

 

Le bleu du ciel flotte dessus les toits,

La rue en bas est vide,

Malgré son nom – c’est Pyramides

L’ombre y semble à l’étroit.

 

Nul fantôme n’y flotte à reculons,

La ville est sans mémoire

Et les soirs d’hiver sont très longs

Au grand bonheur des Moires[1].

 

Je m’en irai demain, c’est bien ainsi ;

Ce qu’avec moi j’emmène

C’est le bonheur d’ici

Et c’est toujours hier qui me peine.

 



[1] Les Moires, pour les Grecs ou Parques pour les Latins sont les trois divinités qui régissent le cours de la vie des mortels : Clotho celle qui file, Lachésis celle qui enroule  et Atropos celle qui coupe le fil de leur vie.

 

mercredi 6 mai 2026

Potiche.

 


J’appartiens à ce genre de potiches

Dont certains salons provinciaux s’entichent.

Entre deux petits fours une maîtresse

De maison aime à lancer à l’adresse

De ses invités une phrase comme :

« Voyez-vous là-bas, dans son coin, cet homme ?

Et bien c’est un poète et, croyez-moi,

Bizarre et farfelu, comme autrefois,

Imaginez un peu : cet homme rime !

 

Sans les efforts de l’acteur qui se grime

Et doit savoir cent tirades par cœur

J’ai le même succès et la clameur

Me le confirme en touchant au vacarme :

Je suis une attraction pleine de charme

Dont la valeur surtout ne cède rien

A celle d’un tesson mérovingien.

 

Il est bon de s’instruire quand on mange

Et que l’on boit et l’hôtesse est aux anges…

 

 

samedi 2 mai 2026

L'amour en Mai.

 


Le soleil brille sur les toits,

On se parle en bas dans la rue,

J’entends ou je somnole, au choix

Et je porte la paix aux nues.

Passe un tram, il ferraille un peu,

Les enfants ont des voix pointues,

Que se disent les amoureux ?

Mai s’écoule à perte de vue,

Ne me demandez pas pourquoi

Soudain la ville est plus légère.

Je vous répondrai, si je dois,

Que je manque un peu de repères.

L’amour en Mai, le Renouveau ?

Ce sont des choses que j’ai sues.

Au carrefour comme ils sont beaux

Les marronniers de l’avenue.